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Eglise Saint-Hermeland: Dalles funéraires

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Tags: patrimoine | Bagneux | Eglise Saint-Hermeland

L'inhumation dans les églises se répand dans les deux derniers siècles du Moyen Age, avec une apogée au cours du XVIIe siècle, une décrue au XVIIIe, jusqu'à la déclaration royale de 1776, qui limite ce droit à un nombre infime de personnes. Sous l'Ancien Régime, c'est l'évêque « qui fixe dans son diocèse la qualité des personnes qu'on pourra enterrer ». Selon le Rituel romain de 1614, le chœur est, en principe, réservé aux membres du clergé, qui doivent être séparés des laïcs. Les tombes concédées sous l'église étaient remises en jouissance, à un particulier et à ses héritiers, sans limitation de durée. Ce privilège était en général accordé à des personnes « honorables », nobles, bourgeois ou encore des propriétaires ayant des fonctions distinctives (les marguilliers, par exemple), lesquelles personnes payaient un droit, comme pour l'attribution de bancs réservés. Bien que les dalles de l'église de Bagneux soient toutes antérieures au XVIIe siècle, les registres paroissiaux témoignent de la poursuite des inhumations dans son sous-sol au XVIIIe siècle.

 

 

¨1¨ Cette dalle, jadis dans le chœur, recouvrait la sépulture de Jacques Mathieu Touchard, ancien chapelain du vicaire de Bagneux, de 1552 à 1558. On peut y lire : Ci Gît vénérable et discrète personne messire Jacques Touchard, en son vivant prêtre, qui trépassa le 28e jour d'octobre 1558. Priez Dieu pour son âme.

 

¨2¨ Dalle funéraire des époux Lefevre, sur laquelle figurent leurs cinq enfants. Elle servit de table d'autel, d'où la découpe pour la pierre sacrée. L'inscription précise : Au cimetière de céans gît honorable homme Guillaume Lefevre et dedans cette tombe gît Jehanne sa femme qui trépassèrent, à savoir, ledit Guillaume, la veille de la Saint-André 1480 et ladite Jehanne, la veille de la Saint-Barthelemy l'an 1504. Priez pour eux.

 

¨3¨ Dalle datée de 1557, qui recouvrait les dépouilles de : Honorable homme Philippe Bleuze en son vivant laboureur demeurant à Bagneux, qui trépassa le... samedi... Catherine Hardy, sa femme, laquelle trépassa le.. Priez pour eux.

Le nom de Bleuze apparaît au cours des siècles suivants dans les registres paroissiaux. Les laboureurs constituent la couche supérieure de la paysannerie. Propriétaire de leur matériel et souvent de terres à cultiver, ils sont, en Ile-de-France, dès le XVIe siècle, les fermiers des grosses propriétés entourant la capitale.

 

¨4¨ Dalle de Pierre Tourbier, curé de Bagneux pendant 40 ans, qui mourut le 29 mars 1645, à l'âge de 63 ans, et fut inhumé dans le chœur.

Le cartouche de sa dalle funéraire précise : Vénérable et discrète personne, Pierre Tourbier, prêtre curé de Bagneux, voulut son corps ici inhumé en attendant la résurrection des morts et la vie éternelle, cependant recommandant aux fidèles le repos de son âme. Il mourut en l'an de grâce 1645...

 

¨5¨ Cette dalle est la plus belle de l'église. Elle fut relevée et scellée dans le mur, en 1844, par le curé Salesse. Transformée en table d'autel, sa mutilation a fait disparaître le nom du religieux, gravé sur la pierre. Tonsuré, ce clerc a le visage ridé, pour souligner son grand âge. Son costume sacerdotal et la richesse des gravures, de style gothique flamboyant, indiquent qu'il s'agit d'une personne de qualité. On peut lire dans ce qu'il reste de l'inscription : Ci gît vénérable ... mont près Verberie diocèse de Soissons, qui trépassa le 8e jour de janvier 1546. Priez Dieu pour lui. La commune la plus proche de Verberie, domaine royal depuis les Mérovingiens, où se tint un concile en 853, se nomme Saint-Vaast de Longmont et appartenait au domaine royal.

 

¨10¨ Dalle des époux Delassale dont le nom apparaît au cours des siècles suivants dans les registres paroissiaux. Ci-gisent Jehan Delasalle, laboureur et vigneron, demeurant à Bagneux, lequel trépassa le premier jour de mai de l'an 1553 et Guillemette Caigneux, son épouse...

 

¨11¨ Dalle du XIIIe siècle recouvrant la tombe d'un prêtre dont les pieds reposent sur un dragon. Elle est très effacée

 

¨12¨ Dalle des époux Lacauche, dont le nom apparaît au cours des siècles suivants dans les registres paroissiaux. Ci-gisent honorable homme Remy Lacauche, en son vivant laboureur, demeurant à Bagneux et Colette Garnier sa femme, lequel Cauche trépassa le... septembre 1540 et ladite Colette le...

 

¨13¨ Cette dalle est la plus ancienne de l'église. On peut y lire Ci Gît Sire Yves le Breton clerc qui trépassa l'an de grâce 1275. Priez pour l'âme de lui. Selon Eugène Toulouze, cette dalle aurait été trouvée près de la route d'Orléans, de la Grange Ory et du Pavée de la Rapée et ne serait dans l'église que depuis la fin du XVIIIe siècle. Les chroniques historiques de l'époque de ce clerc évoquent un Yves-le-Breton, religieux dominicain, envoyé par Saint-Louis comme émissaire au Soudan de Damas, lors de la huitième croisade. S'agirait-il du même homme ?

 

¨14¨ Dalle funéraire de Honorable Pierre Doucet en son vivant... lequel trépassa... d'avril 1549 avant Pâques. Cette sépulture se trouvait près d'un pilier du bas-côté sud ; la pierre a été retaillée avant d'être installée près des fonts baptismaux. Les registres paroissiaux du XVIIe et XVIIIe siècles mentionnent plusieurs membres d'une famille de carriers portant le nom de Doucet.

 

 

v Toutes les dalles ont été classées au titre immeuble sur la liste de 1862, en même temps que l'église. Cependant, elles ne furent relevées et scellées qu'au début du XXe siècle.



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