PRESENTATION DE NOUVEAUTES DU 28 MAI 2010
Evenements: Evènementiel
Tags: coups de coeur | Présentation de nouveautés
Les bibliothécaires vous présentent leurs coups de cœur parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque (romans, bandes dessinées...)
Trois hommes seuls / Christian Oster (Minuit, 2010)
13 heures / Déon Meyer (Le Seuil, 2010)
Histoire d'un ruisseau / Elisée Reclus (Actes Sud,1995)
Horizon / Patrick Modiano (Gallimard,2010)
Ru / Kim Thuy(Liana Levi,2009)
L'équilibre des requins / Catarina Bonvicini (Gallimard,2010)
Le barbier et le nazi / Edgar Hilsenrath (Ed. Attila,2010)
Lulu, femme nue (T.1 et 2)/Etienne Davodeau (Futuropolis, 2010t)
Sylvia / Leonard Michaels (Bourgois, 2010)
Je me souviens / Boris Cyrulnik (L'esprit du temps,2009)
Victoria / Knut Hamsun (Gaïa, 2010)
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Renseignements :
Nathalie : 01 46 57 45 76
Ou par mail ici équipe coups de cœur
L'horizon / Patrick Modiano
Gallimard, 2010
Jean Bosmans a l'habitude de noter sur un carnet les bribes de souvenirs qui lui reviennent de sa jeunesse. À partir du nom de Mérové, il fait ressurgir sa rencontre, vers la fin des années 60, avec Margaret Le Coz, une jeune femme qu'il a fréquentée pendant quelques mois et avec laquelle il partageait le sentiment d'être traqué. Elle, par un certain Boyaval. Lui, par sa mère et son amant. L'Histoire couvre environ un demi-siècle. Ici, la réalité se nimbe de flou, d'ombre, de portraits esquissés. Modiano nomme, comme il le fait souvent, les lieux, les rues de Paris, les stations de métro avec une précision de géographe.
« Des souvenirs en forme de nuages flottants », cette expression lue dans L'horizon ne serait-elle pas une belle définition de ce livre voire de l'œuvre de Modiano. La mémoire, sa permanence, son imprécision, est un des thèmes prégnant de son œuvre.
Ce livre, est servi par une écriture légère, limpide qui sublime la langue et c'est très beau.
Christine, secteur adultes
13 heures / Deon Meyer
Seuil, 2009
Né en Afrique du Sud, en 1958, Deon Meyer est un écrivain de langue afrikaans, auteur de plusieurs romans policiers.
Ses romans ne sont pas uniquement riches en montée d'adrénaline mais composent un portrait de l'Afrique du sud de l'après apartheid.
Benny Grissel, flic, est chargé de cornaquer de jeunes inspecteurs blacks et métis. Deux affaires tombent sur le service de Benny : une jeune fille américaine a été massacrée dans la rue par un groupe bi-ethnique et un responsable de label musical est trucidé dans son quartier. Dans les deux cas, les affaires sont délicates et urgentes : l'ambassade américaine pour l'un et les médias pour l'autre mettent la pression sur Benny et ses recrues qui doivent faire leurs preuves.
Meyer la joue "suspense" à fond les manettes avec de courts chapitres, deux enquêtes menées parallèlement et entrelacées. Néanmoins, l'intérêt du livre réside dans le regard que porte l'auteur sur la nouvelle Afrique du Sud. Il expose la frustration des métis, les guerres de clans dans la police : Zoulous contre Xosas, l'antagonisme noirs-blancs, le machisme des flics et tous les problèmes ethniques qui agitent ce pays.
Un thriller classique, basé sur un contre la montre échevelé au suspense haletant.
Christine, secteur adultes
Trois hommes seuls/ Christian Oster
Minuit,2010
Auteur de Mon grand appartement (prix Médicis 1999), et d'Une femme de ménage (adapté au cinéma par Claude Berri).
Ce roman est un récit à la première personne, celui d'un homme, Serge, qui vit seul depuis que sa femme l'a quitté deux ans plus tôt. Sa vie s'anime à nouveau lorsque, Marie, son ex-compagne installée en Corse, lui propose de venir passer les vacances d'été chez elle, en compagnie des amis de son choix. Elle a une unique requête : qu'il lui rapporte cette vieille chaise en bois qu'elle avait oubliée en partant. Serge n'a pas d'amis, il invite alors Marc son partenaire de jeu au tennis, qui lui-même convie Cyril. Et c'est ainsi que nous obtenons une chaise et trois protagonistes
Christian Oster aime raconter les petits arrangements entre gens défaitistes et transparents.9
Poussant à l'excès son goût pour les relations incongrues, il matérialise drôlement les liens qui unissent ses personnages : une chaise bancale au dossier trop court, un câble de funambule enroulé dans une valise cabossée, autant d'accessoires bizarres et encombrants.
Mais en quoi ces trois hommes sont-ils "seuls" ? pourriez-vous me dire :
D'abord, c'est un trio de célibataires, de divorcés pour être plus juste. Aucun d'entre eux n'a refait sa vie. Ensuite, ils sont seuls, tous les trois, dans cette voiture qui les conduit en Corse. Et que peut-on bien se dire lorsque l'on ne se connaît pas ou si peu ?
C'est donc le roman des amitiés qui se tissent. Ce qui lentement mais sûrement rapproche. Car l'amitié, on l'oublie parfois - Christian Oster nous le rappelle avec finesse - ce n'est pas seulement discuter ou faire des choses ensemble. C'est aussi ne rien dire, savoir se taire et traverser des épreuves côte à côte. Apprendre à se comprendre.
Les mots sont sobres, clairs, précis, car la poésie peut naître des plus simples appareils. Mais l'auteur parvient à l'effet escompté : on suit bel et bien le fil ininterrompu d'une pensée, d'une intériorité. Christian Oster est d'une acuité saisissante dans son récit de l'âme humaine.
Christine, secteur adultes
L'équilibre des requins / Catarina Bonvicini
Gallimard,2010
Après une tentative de suicide, Sofia, jeune femme dépressive se réveille à l'hôpital. Sofia a 30 ans et a divorcé depuis peu d'un mari maniaco-dépressif. Elle affiche d'ailleurs un penchant pour les hommes dépressifs, ces 2 amants en sont un exemple probant. Cette attirance s'explique par une histoire familiale difficile. Sa mère s'est suicidée quand Sofia était enfant et son père est un océanologue totalement farfelue qui parcourt le monde pour se livrer à sa passion : l'étude des requins. Via Internet, il envoie à Sofia de petits films sur la vie et les mœurs des requins. L'équilibre psychique précaire de Sofia vacille quand elle retrouve des lettres que sa mère n'a jamais expédiées et qui lui ouvre enfin les yeux sur son histoire familiale.
Si la dépression est au cœur de ce récit, sa lecture est tout sauf déprimante. L'humour est omniprésent, le rythme trépidant et l'auteur conjugue avec talent grâce et gravité
Victoria / Knut Hansum
Gaïa, 2010
Victoria est la fille du châtelain, Johannes le fils du meunier. Ils s'aiment mais tout les sépare, leur famille comme leur statut social. Dans une Norvège petite bourgeoise et bien pensante, Johannes subit l'humiliation d'être rejeté du fait de ses origines. Malgré son intelligence, il est écrivain, il ne peut lutter contre les conventions. Victoria, elle ne peut aller contre les désirs de son père qui la marie à un homme riche.
Leur amour est puissant, les silences et les non-dits encore plus.
Ecrit en 1898, victoria est le roman d'un amour impossible, 2 amants qui s'aiment et se déchirent car leur orgueil est plus fort que tout. Tout plutôt que de renier ce qu'ils sont.
Sylvia / Leoanard Michaels
Bourgois, 2010
Leonard Michaels (1933-2003) est un auteur de nouvelles américain. En 1960, après 2 ans passés à Berkeley en fac de lettres, il rentre à New-York sans projet précis si ce n'est écrire des histoires. Cette année là , il rencontre Sylvia chez une amie et en tombe amoureux. S'ensuivent 4 années de passion amoureuse, de fusion, de déchirements et d'aliénation. 4 ans d'amour et de destruction jusqu'à la fin tragique de Sylvia en 1964. Ce n'est qu'en 1980 que L. Michaels écrit ce livre largement inspiré de sa relation avec Sylvia, sa 1ere femme. Il y explore le sentiment amoureux avec clairvoyance, ses variations, ses perversions.
Un court récit percutant qui décrit avec justesse les affres de la passion
Je me souviens / Boris Cyrulnik
L'esprit du temps,2009
Né à Bordeaux de parents juifs polonais, Boris Cyrulnik est psychiatre et éthologue. Il a développé le concept de »résilience » renaître de sa souffrance
Dans ce récit autobiographique, il s'interroge sur le travail de la mémoire à travers son expérience personnelle. Au moment de la 2eme guerre mondiale, ses parents résistants, le confie à une pension pour qu'il soit à l'abri. Placé ensuite à l'Assistance publique, il est recueilli par une institutrice qui le cache. Dénoncé, il est raflé et parqué à la synagogue de Bordeaux avec d'autres juifs. Il a 6 ans et comprends très vite ce qui va se passer. Il se cache dans les toilettes et échappe à la déportation. Orphelin, ses parents sont morts dans les camps, il est placé comme garçon de ferme où il mène une vie très dure.
Dans ce court texte, il nous fait comprendre que la mémoire traumatique n'est pas la mémoire normale. Elle transforme, amplifie ou minimise, elle est faite de détails précis autour desquels se recompose une histoire. Il évoque aussi de façon très personnelle son insoumission, son refus d'obéir aux adultes, ce qui l'a sauvé. Il met ainsi en lumière le lien sécurisant qu'il a du recevoir de sa mère des ses premiers mois et qui lui a permis d'avoir sa liberté d'action dans des moments dramatiques.
Nathalie, secteur adultes
Le barbier et le nazi / Edgar Hilsenrath
Ed ;Attila, 2010
Ce roman met en scène Max Schulz « fils illégitime mais aryen pur souche » qui par conviction s'engage chez les SS. Convaincu que les juifs doivent disparaître, il agit avec ferveur et tue, élimine sans état d'âme tout ce qui est juif, même son ami d'enfance Itsig. Mais la guerre s'achève et pour échapper aux poursuites, il usurpe l'identité de son ami, émigre en Israël, devient juif sioniste militant, apprend l'hébreu, se fait religieux jusqu'à enseigner les textes sacrés et s'engage même dans l'armée pour combattre les Arabes.
Ce roman provocateur et parfois sulfureux car la prose d'Hilsenrath est souvent très crue est à lire comme une farce ou le grotesque côtoie le tragique. On avale les 500 pages de ce roman avec frénésie car l'auteur nous projette avec une verve insolite dans la biographie de ce Max Schulz, un diable qui devient attachant.
Ce roman a soulevé beaucoup de critiques car parler de la Shoah en terme grotesque n'était pas politiquement correcte. Pour Hilsenrath ce qui compte ce n'est pas l'horreur mais la mémoire
Lulu, femme nue / Etienne Davodeau
2 tomes, Futuropolis, 2010
Lulu a 40 ans, un mari, des enfants, une vie ordinaire. A la suite d'un énième entretien d'embauche raté, elle décide de ne pas rentrer chez elle. Elle arrive en bord de mer, rencontre Charles et bien d'autres personnes. Ses proches ignorent tout de sa nouvelle vie, c'est Xavier un ami qui a retrouvé sa trace qui leur raconte la vie de Lulu durant cette escapade.
Lulu au début du récit n'est pas belle, elle est fatiguée et trimballe le poids de sa non existence sur ses épaules. Au fil de ses aventures, de sa liberté qui se dessine, de ses rencontres avec l'humanité elle acquiert une beauté. Et ce beau roman graphique plein d'émotions nous questionne sur notre propre vie, sur notre impuissance à la changer pour tout recommencer. C'est un message d'espoir que nous livre Davodeau
5 heures avec Mario / Miguel Delibes
Verdier, 2010
A 49 ans Mario vient de mourir. Carmen sa femme le veille et entame avec lui un long monologue sur leur vie commune. Issue de bourgeoisie catholique bien pensante, Carmen est une conformiste, étriquée, frustrée. Ce qui compte pour elle, c'est la bienséance, la réussite sociale, le paraître. A travers son monologue, on découvre la personnalité de Mario, un intellectuel opposé au franquisme qui se soucie plus de moral et de justice que des apparences.
Un roman à l'humour dévastateur car si Carmen règle ses comptes avec son mari, elle n'en sort pas grandit. Et c'est derrière elle, une certaine Espagne qui en prend un coup
Nathalie, secteur adultes
