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Invit'à lire du samedi 28 juin 2008

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Les Invit' à lire du Samedi 28 juin 2008

Invit'à lire

à 11h00, en section adulte

 

La réserve / Russell Banks

« La Réserve » est une sorte de thriller psycho-romantique qui se déroule dans le cadre majestueux des montagnes des Adirondacks. Toute une société de nantis séjourne à La Réserve, lieu strictement privé et réservé. Jordan Groves, peintre célèbre, mari volage, survole à bord de son hydravion la riche propriété du médecin Cole. Il se pose sur le lac situé tout près et fait la rencontre de Vanessa Cole, la fille du médecin. Excentrique et d'une beauté magnétique, Groves est bientôt fasciné par la jeune femme. Mais qui est vraiment Vanessa ? Attirée par sa beauté et la lumière qu'elle dégage, il s'aperçoit bientôt qu'elle dissimule de lourds secrets et est atteinte de graves troubles mentaux.

Dans un décor naturel de carte postale, l'auteur réussit à installer une atmosphère trouble et énigmatique. Plus l'histoire avance, plus les personnages sont minés, torturés et dévoilent leur part d'ombre et de noirceur. Chaque chose semble être à sa place dans ce décor paradisiaque décrit avec minutie et pourtant sourdement tout bascule.
Le mystère qui entoure Vanessa Cole nous tient en haleine, le couple harmonieux que forme Groves et sa femme s'éffiloche...
Bref, un roman haletant entre illusions et mensonges qui dévoile la complexité de l'âme humaine.

Nathalie, secteur adulte

 

L'ombre du vent / Carlos Luis Zafon

Barcelone, 1945. A 10 ans le jeune Daniel Sempere est conduit par son père, libraire, au cimetière des livres oubliés. Un lieu secret, mystérieux où seuls pénètrent quelques initiés. Là, il doit adopter un livre. Après avoir erré dans un labyrinthe qui sentait la poussière et la magie, hasard ? destin ? son choix se porte sur « L'ombre de vent » de Julian Carax, un auteur méconnu, disparu dans les années 20 sans laisser de trace.
Pris par la lecture du livre qui raconte l'histoire d'un homme à la recherche de son véritable père dont il apprend l'existence sur le lit de mort de sa mère, Daniel est bientôt absorbé par la quête de cet écrivain dont il veut perccer l'existence et le secret. Mais d'autres sans qu'il le soupçonne sont aussi sur les traces de l'écrivain.

Livre totalement prenant ou se mêlent intrigues, passion amoureuse, fantastique, ....Le tout saupoudré par une dimension poétique générée par la distorsion du temps. En effet, Daniel foule les mêmes trottoirs que Carax, croise les mêmes hommes est envoûté par les mêmes femmes.

Nathalie, secteur adulte

Mon oncle le Jaguar/Joao Guimaraes Rosa (1908-1967), Albin Michel

Homme érudit, Joao Guimaraes Rosa a d'abord été médecin volontaire avant de voyager pendant près de vingt ans en tant qu'ambassadeur du Brésil en Allemagne, en France et en Colombie. A son retour à Rio de Janeiro en 1953, il se lance dans l'écriture. « Diadorim » son unique roman s'impose comme une œuvre majeure de la littérature mondiale.

« Mon oncle le jaguar » est une longue nouvelle, un monologue-dialogue. Un métis chasseur de jaguar, imbibé par l'alcool, reçoit dans sa cabane la visite d'un voyageur égaré. Il raconte ses chasses au jaguar, célèbre la férocité et la beauté du fauve et son remords d'avoir à le traquer pour vivre du commerce de sa peau.
Entrant dans la peau du jaguar, le narrateur bestial parle dans une langue unique où s'entremêlent interjections, onomatopées, cris d'animaux, mots portugais.... L'auteur a recueilli toutes formes de parler non écrit, pour revenir vers l'oralité primitive, vers les mythes et légendes du Brésil. C'est le langage qui permet « le moment magique de la métamorphose ».
Une nouvelle qui fascine par les trouvailles narratives et linguistiques, et par l'émotion née du destin d'un être dont l'animalité est le comble de l'humanité.

Christine, secteur adulte

Conversation en Sicile / Elio Vittorini, Gallimard

Ce roman est unique pour deux raisons :
Par la place qu'il occupe dans l'histoire politique de l'Italie : après une première parution en feuilleton entre 1937 et 1938, ce récit est publié par l'éditeur Bompiani en 1941 et échappe un temps à la censure fasciste avant d'être dénoncé comme un « livre immoral et antinational ».

Ensuite par la place qu'il occupe dans l'histoire du cinéma italien : livre de chevet de toute une génération de cinéastes néoréalistes, de Visconti à Rossellini en passant par Vittorio De Sica.
Cette « conversation en Sicile », qui se trouve étirée sur trois jours et trois nuits, est faite de plusieurs échanges. Dans chacune de ces conversations, il est surtout question de la misère, de la pauvreté, de la difficulté à exister dans ce monde en guerre (même si les mots " guerre " et " fascisme " ne viennent jamais sous la plume de Vittorini), voire plus simplement de la difficulté à être quelqu'un quelque part (qu'il s'agisse de la Sicile ou du reste du monde). Si l'on souffre, ce n'est pas tant à cause de malheurs personnels (la faim, la maladie, la rudesse de la vie) que de « la douleur du monde offensé ».
C'est une histoire simple qui raconte comment
après quinze ans de non-espérance et d'exil à Milan, Silvestro, fatigué, dépressif, agité par « d'abstraites fureurs » reçoit une lettre de son père qui vient de quitter le domicile conjugal. Poussé par le son perçant de « son fifre intérieur », il décide de retourner dans son île natale (la Sicile) pour y retrouver ses figuiers de barbarie et son soufre : ses souvenirs d'enfance et la Signora Concezione Ferrauto, la « mamma ».

Christine, secteur adulte



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