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Invit'à lire du samedi 15 novembre 2008

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Tags: Invit'à lire
à 11h00, en section adulte

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Inassouvies, nos vies / Fatou Diome, Flammarion, 2008

Betty, une jeune femme dont la vie est entre parenthèses, suite probablement à un accident de parcours, regarde l'immeuble d'en face et se met à vivre à travers la vie de ses habitants. Elle les observe sans aucun voyeurisme, c'est comme si elle faisait partie de leur famille. L'empathie qu'elle ressent envers ses voisins l'amène à lier une amitié avec une vielle dame qu'elle surnomme Félicité.

Un roman sur les difficultés de la vie, mais un roman plein de vie, illuminé par l'amitié intergénérationnelle entre Betty et « Félicité ». Betty philosophe sur sa vie, sur celle des autres et sur la vie en général, ce livre nous amène à relativiser nos petits problèmes.

Claude Djeddi, secteur adultes

 

Sans elle / Alma Brami, Mercure de France, 2008

Léa, 10 ans vient d'assister impuissante à la mort accidentelle de sa petite sœur Solène alors que leur père était mort peu avant. Solène c'était le soleil de la famille, une petite fille pleine de vie, pleine de joie alors que Léa est plus renfermée. Léa pense que la mort s'est trompée, que c'est elle qu'elle devait prendre, pour tout arranger sa mère sombre dans la dépression et n'a plus de place dans son cœur pour sa petite Léa. Léa va devenir adulte avant l'heure et sera le soutien de sa mère. Elle va tout faire pour cacher aux autres l'état de sa mère et pour gérer le quotidien. Heureusement qu'elle a Kévin, son copain de toujours qui la soutient.

Un roman très émouvant, on pleure avec Léa mais on admire son courage pour garder sa mère en vie, pour ne pas être séparée d'elle malgré tout.

Claude Djeddi, secteur adultes

 

Alphonse / Akli Tadjer, JC Lattès, 2005

Il s'appelle Mohamed, il a 11 ans, sa mère est hospitalisée, son père l'envoie dans sa famille du nord : oncle Salah, tante Jeanne et leurs enfants aux prénoms chrétiens. Son prénom ne convient pas, il arrive le jour de la Saint Alphonse, son prénom devient Alphonse. Commence alors un séjour plein de rebondissements certains comiques, certains dramatiques... 40 ans plus tard Mohamed a rendez-vous avec sa cousine, tous les souvenirs de cet été 1964 remontent.

Un roman sur l'enfance, le racisme, la tolérance dans lequel l'auteur passe la parole en alternance à Mohamed 50 ans et à Alphonse 11 ans.

Claude Djeddi, secteur adultes

 

 

Collection documentaire : Nouveaux traitements Editions médicales BASCH

Des petits livres pratiques sur les maladies (Asthme, DMLA, cancer du sein, glaucome...) à l'usages des patients, qui décrivent les symptômes, les examens, les traitements, la vie quotidienne des malades. Ces guides sont écrits par des spécialistes et validés par les associations de malades.

Claude Djeddi, secteur adultes

 

Les Années / Annie Ernaux, Gallimard

Annie Ernaux, née le 1er septembre 1940 d'une famille modeste, a passé son enfance et sa jeunesse à Yvetot, en Normandie. Elle est agrégée et professeur de lettres modernes et vit à Cergy, dans la région parisienne. Elle publie son premier roman Les Armoires vides en 1974. Elle a obtenu le Prix Renaudot pour La Place (1984).
Deux sentiments dominent son écriture: celui des différences sociales, de la coupure entre son premier milieu et le monde du savoir auquel elle a accédé, et celui de la domination masculine du monde. Elle dit fuir tout ce qui ressemble à la fiction, rechercher la réalité à partir du souvenir, des sensations, des sentiments, que ce soit celui de la honte sociale ou ceux de la passion. Pour elle, il y a plus de création et de travail sur la forme, en partant de la réalité qu'en imaginant.

Résumé

Ni essai, ni confession, ni roman traditionnel, il s'agirait plutôt d'une autobiographie collective. Une écriture qui raconte à la fois l'histoire de tous et l'itinéraire de chacun, de la Libération jusqu'à nos jours.

«Ce ne sera pas un travail de remémoration, tel qu'on l'entend généralement, visant à la mise en récit d'une vie, à une explication de soi. Elle ne regardera en elle-même que pour y retrouver le monde, saisir le changement des idées, des croyances et de la sensibilité, la transformation des personnes et du sujet.»

En utilisant « on » « elle », l'écrivain a trouvé le ton et la distance pour poser son regard sur la femme qu'elle fut.

C'est à partir de photographies que l'écrivain se retourne : une poignée d'images vieillies. Qui est cette enfant, cette jeune fille, cette femme, jeune, puis moins jeune ? se demande l'auteur.

L'histoire du pays glisse sous les phrases : l'Occupation, la guerre d'Algérie, Mai 68, la conquête de l'espace, la crise du pétrole, la génération Mitterrand, la chute des murs, la montée des terrorismes, décembre 2006 : une descente au dessous de l'espérance, vers une «catastrophe» annoncée...

C'est une vraie réussite de reconstitution : les 60 dernières années de la société française - faites d'images et de choses entendues - avec le passage du temps imperceptible, comme dans la vie.

Un regard sur le monde d'une grande justesse : un régal à lire.

Christine Santalucia, secteur adulte

 

La reconstruction /Eugène Green, Actes Sud, 2008

Eugène Green est né en 1947 aux Etats-Unis. Cinéaste, il a notamment réalisé "Le pont des arts" avec Natacha Régnier et Denis Podalydès. Auteur de plusieurs textes, "La reconstruction" est son premier roman. Il nous emmène de Paris à Munich dans les méandres d'un passé douloureux .

Résumé

Professeur de littérature à la Sorbonne, Jérôme Lafargue a 54 ans, mène vie tranquille avec sa femme tchèque, Jana. Jérôme tient un journal intime. ll rend régulièrement visite à ses parents dont le père n'a plus toute sa tête.
Un jour, il découvre un curieux message laissé par un inconnu sur son répondeur. Un allemand, Johann Launer, souhaiterait le rencontrer lors de son passage à Paris. En fait, Jérôme lors d'un séjour à Munich en 1968, a fait la connaissance de son père. Cet allemand demande à Jérôme de l'aider pour découvrir ses véritables origines.
Le passé se fait présent et Jérôme Lafargue, perturbé, se plonge alors dans un voyage intérieur, au cœur de ses propres souvenirs et revit les quelques jours qu'il a passés à Munich, cette année-là, et durant lesquels il a rencontré celle qui est devenue sa femme.
Sa mémoire va progressivement revenir : il a recueilli jadis les confidences de Herr Launer, né en 1903 dans le royaume de Bohème, qui a subi et souffert de la deuxième guerre mondiale et du joug nazi.
Le roman dans un style sobre mêle de manière intéressante narration à la troisième personne, dialogues et journal intime.

A travers Jérôme Lafargue, Eugène Green nous livre ses réflexions sur la famille, les origines, la foi, la construction de l'Europe qui doit mettre fin aux erreurs du passé.

Christine Santalucia, secteur adulte

 

Quelque chose à te dire/Hanif Kureishi, Christian Bourgois, 2008

Jamal, la cinquantaine, est psychanalyste. Son fonds de commerce c'est les secrets. Secrets des désirs, de la sexualité, de la difficulté de la vie, de la peur de la mort. Un métier qu'il exerce suite à un meurtre involontaire qu'il a commis dans sa jeunesse et la perte d'Ajita son premier amour. Jamal nous révèle son enfance, l'abandon du père qui( incapable de s'adapter à la vie anglaise) est retourné vivre au Pakistan, son pays d'origine, les heurts entre sa mère et sa sœur, personnage fantasque, qui cumule tatouages, absorption de drogues et désespoirs amoureux et sa rencontre avec Ajita, son premier amour, une jeune pakistanaise qui l'a quitté sans motif apparent. Cette rupture le hante encore tout comme ce meurtre qu'il garde secret quand un de ses copains d'enfance resurgit dans sa vie et le met face à ce démon enfoui.

A travers l' itinéraire d'u n jeune immigré pakistanais, l'auteur déroule avec humour et cocasserie les fils qui tissent une vie, s'interroge sur ce drôle de métier qu'exerce le psychanalyste. Il se penche avec causticité sur les travers de la société britannique, pas toujours tendre avec les immigrés et ne cesse d'essayer d'élucider la complexité des rapports amoureux. Un roman fourmillant d'humour traversé par une galerie de personnages attachants hantés par la culpabilité et la peur de veillir.

Nathalie, secteur adulte

 

Sur la plage de Chesil/Ian MacEwan, Gallimard, 2008

« Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels étaient manifestement impossible ». Cette 1ere phrase ou tout est dit donne le thème du livre. Nous sommes dans l'Angleterre des années 60, Florence et Edward viennent de se marier et se prépare à leur nuit de noces. Mais chacun redoute le moment fatal car tous deux sont inexpérimentés mais ne se l'avouent pas. Edward, jeune historien est issu d'une famille de la petite bourgeoisie, Florence n'a qu'une passion le violon et son rêve le plus cher est de créer un quatuor. Cette nuit qui doit être la plus belle de leur vie tourne bientôt au cauchemar.

Un roman très fort qui met en lumière les inhibitions des individus à une époque où le sexe est tabou. Il révèle aussi de manière parfois cruel le malentendu qui existe entre les êtres. Car si Florence et Edward. s'aiment, on découvre au fil des pages que beaucoup de choses les séparent. Elle est dévorée par l'ambition d'une carrière musicale de haut vol, lui n'aime que le rock et aspire à une vie plus bourgeoise. Ian Mc Ewan décrit magistralement le trouble intérieur de ses héros incapables de se confier, de dialoguer.

Nathalie, secteur adultes

 

Le tigre blanc /Aravind Adiga, Buchet-Chastel, 2008

Balram Halwai est l'un des enfants les plus intelligents de son village mais sa famille est misérable, si misérable qu'il ne peut envisager de poursuivre ses études secondaires. Il travaille comme une multitude d'autres enfants des classes défavorisées dans une échoppe de thé. Jusqu'au jour où la chance lui sourit et où il devient le conducteur d'un des nouveaux riches de Delhi. Avec ce nouveau maître cynique, menteur, amoral, prêt à tout pour s'enrichir aux dépens des autres, il découvre la face de l'Inde moderne, celle du XXIè siècle. Il décide alors lui aussi de profiter des richesses de son pays. Comme son maître, il ment, vole et tue et devient un brillant entrepreneur.

Un 1er roman puissant et cynique que l'on reçoit comme une gifle car il met en pièces l'image occidentale idéalisée du miracle économique indien. Adiga dans un style froid, aiguisé comme une lame de couteau établi un constat glacial qui est que la population des basses castes doit pour s'élever dans la hiérarchie sociale se battre à n'importe quel prix. Un propos sans compromis qui pêche peut-être par un manichéisme simpliste mais qui a le mérite de nous interpeller sans ménagement.

Nathalie, secteur adultes

 



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