Rechercher sur le site  |  Plan  |  FAQ  |  Contacts  




Vous êtes ici : Accueil > UNIVERSITE POUR TOUS, CYCLE «Musique» Du chant grégorien à Bach

UNIVERSITE POUR TOUS, CYCLE «Musique» Du chant grégorien à Bach

Afficher tout le contenu de type :
Tags: Université pour tous | Cycle « Musique »

 

 

 Teléchargement pdf (pdf : 783 ko )ou lecture en ligne avec Calaméo

 

1) Du chant grégorien à Bach

 

Je vous remercie d'être venus ce soir pour participer à une promenade dans le monde de la musique. N'étant pas musicologue, je ne compte pas vous faire un cours d'histoire de la musique, ce qui en 3 séances ne serait de toute façon pas raisonnable. Je souhaiterais plutôt vous présenter quelques étapes marquantes de l'évolution de la musique, à travers des compositeurs choisis pour leur caractère particulièrement innovateur ou pour leur personnalité exceptionnelle.

Mon propos est avant tout de vous faire découvrir, peut être, de nouveaux compositeurs ou de nouvelles œuvres et de vous donner envie d'explorer davantage ce monde merveilleux de la musique.

Au cours de ces soirées nous aborderons les thèmes suivants :

1) Du chant grégorien à Jean-Sébastien Bach.

2) De Ludwig Van Beethoven au post romantisme.

3) Quelques figures de la modernité.

 

Définition de la musique

Qu'est-ce que la musique ?

-  l'art de combiner les sons selon certaines règles,

-  ou plus poétique : la musique c'est du bruit qui pense (Victor Hugo),

-  ou encore : la musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée (Platon).

 

Du chant grégorien à Jean-Sébastien Bach

Avant d'aborder la musique médiévale, il nous faut dire quelques mots de  la période de l'antiquité.

Dès  le 4ème millénaire avant JC, en Mésopotamie, on trouve des documents qui attestent de pratiques musicales : battements de mains, bâtons entrechoqués. Plus tard, apparaîtront en Mésopotamie mais aussi en Egypte, d'autres instruments comme le luth, la harpe, la flûte.

               

 harpe mésopotamienne

 musiciennes égyptiennes

  harpe mésopotamienne  musiciennes égyptiennes

 

 

joueurs de flûte chinoisEn Chine, la musique est utilisée à des fins sociales : cérémonies religieuses, danses civiles ou militaires. La transmission du savoir se fait de façon orale, mais vers 2600 avant JC, selon la légende, un maître de musique mandaté par l'empereur Huangdi créa à partir de bambous les douze sons étalons de la Chine. L'écriture de la musique chinoise est fondée sur une gamme  de 5  sons (fa, sol, la, do, ré), appelée pentatonique.

 

joueurs de flûte chinois

 

 

 

 

 

groupe de musiciens grecsEn Grèce, la musique accompagne la vie du peuple et l'instruction musicale est très développée. Si la musique ancienne est très simple, la musique moderne se complexifie. Les Grecs utilisent les modes qui sont des schémas abstraits qui donnent les rapports entre les sons successifs d'une gamme. Il existe 7 modes.

.

 

 

 

groupe de musiciens grecs

 les 7 modes grecs

les 7 modes grecs.

joueur de aulos

Les Grecs ont utilisé une notation qui attribue une lettre de l'alphabet à chaque note.

Ils emploieront de nombreux instruments dont principalement la lyre et  la cithare, mais également les aulos (double flûte, instruments à vent dont le syrinx fait partie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

joueur de aulos.

 

Naissance de la musique occidentale

 

le Roi David jouant de la harpe

Chaque civilisation développa sa propre musique mais il est temps de revenir à notre propos : la naissance de la musique occidentale qui trouvera ses origines dans la musique chrétienne.

 

La musique au temps de la chrétienté primitive trouve ses sources dans l'antiquité et dans la musique juive qui consiste en une lecture chantée des psaumes appelée « cantillation ».

 

 

 

 

 

 

 

le Roi David jouant de la harpe.

L'église, qui condamne la musique profane, ne tolère comme répertoire que le plain-chant qui a pour unique objectif de graver plus profondément les textes sacrés dans l'esprit du fidèle.

Le plain-chant est une mélodie à une seule voix (monodique), recouvrant un nombre de sons restreint où il n'y a qu'une unité de temps (pas de noires, croches, blanches), ce qui donne une grande impression de calme et d'égalité. Le plain-chant est strictement vocal. Il trouvera son apogée au 7 ème siècle.

 

Romaines jouant de la harpe

 

 

Dès le 4 ème siècle, après l'édit de Constantin (331), les communautés chrétiennes se multiplient dans tout l'empire romain, entraînant une grande variété de liturgies. Saint Benoît, puis Grégoire 1 er, pape de 590 à 604, mettent de l'ordre dans la musique religieuse.

 

 

Romaines jouant de la harpe  

 

 

 

 

représentation de Saint Grégoire

 

 

Trois siècles après sa mort, on donnera le nom de ce dernier au chant grégorien,

qui est un des répertoires du plain-chant.

 

 

 représentation de Saint Grégoire

 

 

 

 

 

 

Ecoute : « chant grégorien »

Les musiques se compliquant, on ne peut plus faire confiance à la seule mémoire des chanteurs. Il devient indispensable de mettre au point une notation. Au 9 ème siècle apparaissent les neumes qui sont l'élément de base du chant grégorien.

 les neumes 

 les neumes.

 

Au départ se sont de petits signes, véritables pense-bêtes destinés à aider un chanteur, connaissant déjà la mélodie, à transmettre la liturgie. On appelle neumes toutes les notes chantées sur un même mot ou une même syllabe.

Un neume est caractérisé par les notes qui le composent (de 1 à 4) et la variation entre ces notes (montée ou descente). Au début du 12 ème siècle, les « points liés » qui sont associés aux barres verticales deviennent de gros points carrés qui localisent les sons. 

 partitions en neumes  partitions en neumes  partitions en neumes  partitions en neumes
       
partitions en neumes.

 Hymne de Saint Jean

 

Hymne de Saint Jean.

Gui d'Arezzo a également imaginé de mettre en musique une hymne de Saint-Jean de telle façon que chaque commencement de ver débute par une note plus élevée que celle du début du ver précédent, la succession des notes étant ut, ré, mi, fa, sol, la, l'ancêtre de notre gamme de do.

 

La polyphonie

On entend par polyphonie la combinaison de plusieurs voix indépendantes et pourtant liées les unes aux autres par les lois de l'harmonie.

La première forme de polyphonie apparaît au 9 ème siècle. Il s'agit de superposer une seconde voix, de façon parallèle, à une voix principale pour l'enrichir. On appelle cela l'organum.

 

organum et déchant.

 organum et déchant.

Ecoute : Palestrina  « Alleluia »

 

La voix principale qui vient du répertoire grégorien est placée en dessous, c'est le cantus firmus ; la voix secondaire improvisée est placée au-dessus, c'est le discantus ou déchant.

quantus firmus - contrepoint.
 

quantus firmus - contrepoint.

 quantus firmus - contrepoint.

 

mouvement contraire
 

mouvement contraire

Alors que l'organum utilise des mouvements harmoniques parallèles, le déchant emploie le mouvement harmonique contraire, véritable naissance du contrepoint.

Autre forme apparaissant à cette époque, le faux bourdon (voir tierce et sixte).

A partir du  12 ème siècle, l'organum devient l'organum fleuri, ou organum à vocalises. La voix principale, toujours en bas et appelée ténor (ou teneur) réalise le thème grégorien en valeurs longues.  C'est avec l'Ecole de Notre-Dame et Pérotin et Léonin que l'apogée de l'organum sera atteint.

 

moines chantantAu 13 ème siècle, une nouvelle forme va permettre plus de liberté aux musiciens, le « motet ». C'est une composition musicale issue de l'organum par ajout d'un texte profane ou religieux et de une ou deux voix, instrumentales ou chantées.

 

Dans le domaine profane,  la fin du 11 ème siècle, apparaissent les premiers exemples de chansons à la cour de Guillaume IX, duc d'Aquitaine (1071 - 1127). Leurs principaux thèmes sont l'amour courtois ou les hauts faits des seigneurs (chanson de geste). Leur musique sera inspirée de la musique religieuse. Les musiciens sont appelés les « trouveurs », troubadours au sud puis un siècle plus tard, trouvères au nord. Parmi ces derniers on peut citer Adam de la Halle célèbre pour le « Jeu de Robin et Marion », ancêtre de l'opéra comique et pour ses rondeaux.

 

 

 

 

 

 

 moines chantant.

Ecoute : Adam de la Halle « Jeu de Robin et Marion

Après cette période, que l'on nomme « Ars antiqua », apparaît « l'Ars nova » (1320 - 1380) qui tire son nom d'un traité de composition de Philippe de Vitry (1291 - 1361). Cet ouvrage a une grande importance dans les domaines rythmique et mélodique.

La grande figure française de ce mouvement sera Guillaume de Machaut (1300 - 1377). Il introduisit une quatrième voix, dite contre-ténor ou haute-contre,  à des compositions qui n'en comportaient que trois. Sa « Messe de Notre-Dame » à  4 voix, est un des premiers exemples d'une messe composée par un musicien unique, ce qui lui confère une grande unité.. Il privilégiera l'expression plutôt que la forme.

Ecoute : Guillaume de Machaut  « Messe de Notre-Dame, credo »

 

Il aura fallu un bon millier d'années d'évolution pour que la musique ne concerne plus exclusivement le domaine religieux. La polyphonie commence à s'entendre verticalement avec l'apparition de la notion d'accord. La notation musicale a considérablement évolué et les musiciens disposent d'un outil commode qui va encore s'améliorer.

S'il fallait témoigner de l'importance de cet art médiéval, on pourrait citer Igor Stravinsky qui répondant à la question de Roland-Manuel « Quelles sont aujourd'hui vos préoccupations majeures ? » répondit : « Guillaume de Machaut, Dufay, Pérotin et Webern ».

La musique de la Renaissance

En musique, on convient d'appeler Renaissance la période qui couvre le 15 ème et le 16 ème siècle. Elle est caractérisée notamment par :

-         l'achèvement de la laïcisation de la musique avec la chanson française, composition polyphonique profane ;

-         l'apparition de la notion d'harmonie,

-         le développement d'un répertoire purement instrumental.

Les musiciens les plus notables de cette période sont appelés les franco-flamands car ils se sont formés pour la plupart à l'origine dans le duché de Bourgogne avant de parcourir l'Europe (surtout l'Italie). On peut retenir les artistes suivants :

-   Guillaume Dufay (1400 - 1474).

Guillaume Dufay et Binchois

 

 

 

 

 

 Guillaume Dufay et Binchois : il a apporté plus de clarté à l'ordinaire de la messe , a composé une Messe de l'homme armé sur un thème populaire qui a servi très souvent de quantus firmus aux compositeurs. Il a laissé de nombreux motets ;

 

 

 

 

 

 

 

Johannes Ockeghem

 

 

 

 

Johannes Ockeghem (1410 - 1497) : il composera surtout  des œuvres religieuses empruntes de mysticisme et d'émotion. Il est resté célèbre pour son Deo Gratias à 36 voix ;

 

 

 

 

 

   -   Josquin des Prés (1440 - 1521) : il portera à son plus haut point d'aboutissement la tradition contrapuntique polyphonique médiévale et de la fusion entre le texte et la musique.  On lui doit 2 messes de l'homme armé. Il faudra attendre J.S. Bach, né 250 ans après lui, pour retrouver une telle perfection.

 

    -   Roland de Lassus (1532 - 1594) : on peut le considérer comme le dernier grand compositeur de l'école franco-flamande.

Ecoute : Josquin des Prés  « Déploration de la mort de Ockeghem »

 

Vers 1530, va naître un nouveau genre : la chanson parisienne dans lequel, la musique commente le texte.Le rythme compte plus que la mélodie. Les mots sont modulés par la musique, les sous entendus fleurissent, souvent dans le registre paillard, les onomatopées sont largement utilisées. Un des grands représentants de ce style sera Clément Janequin, avec sa Bataille de Marignan ou son chant des oiseaux dont nous allons entendre un extrait.

Ecoute :  Janequin  « le chant des oiseaux »

 

Nous ne pouvons quitter cette époque sans un détour vers l'Italie, pour visiter le compositeur qui résume le plus parfaitement la musique polyphonique : Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525 - 1594).

 

Palestrina

Palestrina. Ce musicien d'église, actif à Rome au moment où le Pape Marcel II réforme le chant liturgique en demandant que  les chanteurs soient compris du public, Palestrina composera 105 messes a cappella, comme toutes ses œuvres, dont la célèbre Messe du Pape Marcel. Il atteindra la perfection en effectuant, comme J.S. Bach un siècle plus tard, la synthèse de tous les perfectionnements apportés à la musique religieuse.

 

 

 

 

 

 

 

Ecoute : Palestrina  « Magnificat »

Claude Debussy sera très influencé par Palestrina qu'il découvrira  à Rome, lors de son séjour à la Villa Médicis, notamment par la clarté de son écriture.

Nous allons maintenant effectuer un grand saut dans le temps, passant au-dessus de compositeurs illustres tels que Vivaldi, Monteverdi (un des pères de l'opéra), Lully, Couperin, Rameau, Purcell, Haendel, pour arriver au Maître absolu qu'est Jean-Sébastien Bach. 

 

Jean-Sébastien Bach

Jean-Sébastien BachNé à Eisenach, en Allemagne, en 1685, dans une famille musicienne, il perd sa mère à l'âge de 9 ans et son père six mois plus tard.

 

Son frère aîné l'initie à la musique, au clavecin, et lui donne ses premiers cours de composition. La famille étant pauvre, il fournit sa quote-part en chantant dans les chœurs. Il apprend très vite à se faire rémunérer : « Je chante mais vous me donnez tant de florins ». L'enfant sait qu'il a de grandes responsabilités et il ne ménage pas sa peine. Passionné par la connaissance, il passe des nuits entières, à la bougie, à recopier des œuvres de clavecin.

 

 

 

 

 

 

 

Bach jeune

Il part à Lunebourg en 1700 dans une manécanterie qui recherche de bons choristes et où il reçoit une instruction gratuite, et un petit revenu. Vers 15 ans, sa voix commence à muer mais on le garde comme instrumentiste tant il est adroit. Il profite de la très grande bibliothèque pour s'enrichir l'esprit et il découvre la musique française à travers Couperin.

Il rencontre un facteur d'orgues qui l'initie à la technique de cet instrument très important à l'époque et dont il devient très vite un remarquable expert.

En 1701, il se rend à « à pied » à Hambourg pour écouter Reinken. A 17 ans il quitte Lunebourg pour Arnstadt où il occupe un poste d'organiste. Il va écouter le grand Buxtehude à Lubeck.

On lui propose un poste plus important à Mulhouse, ce qui lui permettra de se marier avec Anna Barbara avec laquelle il sera heureux. Au bout d'un an, on lui propose un poste à Weimar comme organiste. A cette époque, ses compositions sont encore sous influence mais on perçoit déjà ses dons exceptionnels.

Un des traits essentiels de son génie est son côté systématique qui fait que lorsqu'il s'attaque à une matière musicale, il en épuise toutes les possibilités.

Par exemple, dans le clavecin bien tempéré ... 

Piano : Bach  (interprété par Lucie Turbil)  « prélude et fugue en sib maj »

 

Cette sacro-sainte régularité et sa légendaire précision sont un peu exagérées. Il possède une grande fantaisie et sait parfaitement adapter son style à la nature des thèmes qu'il souhaite développer. En bon jardinier, il greffe les genres musicaux comme il le ferait d'espèces végétales. On peut voir avec cette partition de la sarabande d'une partita l'énergie qui anime Bach.

Partition d'une partita

Il fut heureux à Weimar mais à la suite de quelques problèmes avec le duc Ernest Auguste il part pour Cöthen après avoir purgé une peine de prison d'un mois pour avoir quitté le Duc.

 

Le séjour à Cöthen, jusqu'au décès d'Anna Barbara, fut un des plus heureux de sa vie. Il s'occupa beaucoup de ses enfants pour lesquels  il composa le « Klavierbüchlein » qui regroupe les inventions à deux et trois voix et le clavecin bien tempéré. Il enseignait d'abord à ses élèves la manière de toucher le clavier.

 

 

 

 

 

 

 

 

Partition d'une partita.

Ecoute : Bach « l'art de la fugue » (3 extraits)

 

Il rencontre Anna Magdalena et l'épouse en 1721. C'est aussi l'époque où il compose pour le margrave de Brandebourg 6 concerts : les concertos brandebourgeois. Ce seront les œuvres qui seront les premières jouées lors de la redécouverte de J.S. Bach au 19 ème siècle. La forme de ces œuvres est une entière invention de Bach qui n'aura pas de descendance.

Ecoute : Bach  « concerto brandebourgeois n° 2

 

Eglise Saint Thomas

Dans le domaine des concertos pour clavier, on peut considérer qu'il sera le père du concerto pour piano.

 

Piano : Bach  (interprété par Lucie Turbil) « suite française » (extraits)

Le 1er juin 1723, J.S. Bach s'installe à Leipzig comme cantor, à la célèbre Eglise Saint Thomas.

 

 

 

 

 

 

 

 


Eglise Saint Thomas

Au cours de sa vie, il écrira près de 300 cantates qui sont le chef d'œuvre de l'époque baroque. Tout y est réuni :

-         les conceptions venues de l'âge d'or du contrepoint ;

-         des éléments de plain-chant ;

-         toutes les formes et les procédés contemporains et jusqu'à la préfiguration de l'expressionnisme romantique.

 

La rapidité avec laquelle il devait composer ces œuvres leur donne  une spontanéité et une sincérité qui nous rapproche de l'homme. La profondeur de l'engagement de Bach nous transporte au plus haut de soi. Dans ses œuvres, Bach n'est jamais frivole, il a, comme dit Albert Schweitzer : la monotonie des grands penseurs.

J.S. Bach se partagera entre les cantates profanes, comme celle du café et les cantates sacrées comme la BWV 78 (Jesu der du meine Seele) dont nous allons écouter un passage.

Ecoute : Bach «cantate BWV 78 »

 

Appliquant les principes de la cantate à une plus grande échelle, il composa sa première grande œuvre vocale d'importance : la Passion selon Saint Jean (1723).

Chantée dans les églises catholiques la passion est une récitation musicale du texte sacré décrivant la passion du Christ par trois personnages : le Christ (basse), l'évangéliste (ténor) et la synagogue (qui rassemble les autres rôles). Cette œuvre séduit par son impétuosité dramatique et par la véhémence de l'engagement de son auteur.

Ecoute : Bach « passion selon Saint Jean »

 

La troisième passion composée par Bach est celle dite de Saint Matthieu (1729). Elle constitue sans doute un des plus grands monuments de la pensée humaine, en raison du sujet traité et de la qualité exceptionnelle de son traitement. C'est le drame musical par excellence. Dans cette œuvre de la maturité, Bach  s'abandonne à des méditations passionnées autour de la mort de Jésus. On assiste à une extraordinaire imprégnation de tendresse et le cœur est bien au centre de l'action qui  rappelle un rituel de théâtre antique.

Ecoute : Bach « passion selon Saint Matthieu »

En 1733, il est demandé à Bach de composer un Kyrie et un Gloria qui devaient   être joués à l'occasion de l'avènement d'Auguste III  comme roi de Pologne et électeur de Saxe. En 1738, Bach y ajouta un Credo, un Sanctus et un Agnus dei, en faisant de ces pièces une œuvre grandiose qui prit le nom de Messe en si. Contrairement à la Passion selon Saint Matthieu, la messe en si est une œuvre de cérémonie, faite pour impressionner le souverain et sa cour en même temps qu'elle se veut un moyen d'unification offert à la chrétienté.

Ecoute : Bach « messe en si »

En mai 1747, Bach fut invité par Frédéric II à se rendre à sa cour. Le monarque musicien demanda au cantor d'improviser. Habile courtisan, Bach demanda au roi de lui fournir un thème. Bach improvisa longuement, résumant son art. Rentré chez lui, il retravailla ses improvisations tirées du thème royal et les adressa au roi, accompagnées d'une superbe sonate en trio, écrite sur le même thème, sous le titre « d'Offrande musicale ».

Ecoute : Bach « Trio de l'offrande musicale »

Bach âgé

Vers la fin de sa vie, Bach est envahi par une mélancolie du génie à son zénith. Que peut faire de plus un génie comme Bach arrivé au sommet de son art ? Découvrir les lois éternelles de l'harmonie universelle. La forme est devenue accessoire, c'est l'intuition de la vie éternelle de l'esprit qui prime. Pour Bach cela s'appelle : « l'art de la fugue ». Cet ensemble de 15 fugues élaborées à partir d'un sujet principal, sera la dernière œuvre de Bach qui décédera en 1750, laissant la quinzième et dernière fugue inachevée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bach âgé

 

 

 

 

 



Médiathèque municipale, 2 av. Gabriel Péri, 92220 Bagneux.
TDR © 2007 Ville de Bagneux, Mentions légales. Réalisation Décalog